
Pierre Mariétan & Gérard Fremy Musique pour piano
Réf : TI 35-26 - Durée : 62' 38"
- Piano-Pièce I CIRCULAIRE -33’57"
- Piano-Pièce III POINTCONTREPOINT - 7’ 14"
- Piano-Pièce VI ROSE DES VENTS - 11'36
- Piano-Pièce X POUR LA MAIN GAUCHE - POUR LA MAIN DROITE - 9’43
Un accord de six notes, joué aussi piano que possible, tenu jusqu’à l’extinction de tous les sons, constitue l’objet de base et le moment initial de la pièce. L’accord sera répété ou choisi dans un parcours d’accords transposés, proposé par la partition. À chaque reprise ou nouvel accord, l’une ou l’autre caractéristique du début, (voire deux d’entre elles ou les trois), est/sont progressivement, insensiblement, détruite(s) : résonance écourtée, intensité amplifiée, accord fragmenté. La durée de la pièce est signifiée par l’éloignement le plus extrême du propos initial.
Cette œuvre fait partie du programme MILIEU ET ENVIRONNEMENT dans lequel se trouvent réunies des pièces de musique destinées tant au concert qu’à des écoutes fragmentées, comme peut l’être une écoute radiophonique, chez soi.
Enregistrement effectué à Radio France 1972
Mixage de trois sessions enregistrées parGérard Frémy : Guillaume Billaux 2005
"Un ange se produira t-il de nouveau en chantant“ (Jean Arp)
Est une musique tentant d’échapper, dans sa facture, à une mesure temporelle prédéterminée. La durée de chacune des notes qui la constituent est définie par un son joué fortissimo et répété juste avant que son intensité faiblisse. C’est le rapport entre écoute et jeu assumé par chaque interprète, indépendamment des autres, qui donne la qualité à la réalisation de la pièce. C’est ce qui justifie aussi qu’un pianiste ne joue qu’une seule note, répétée pareille à elle-même. L’harmonie est basée sur un jeu d’intervalles s’élargissant de plus en plus jusque vers les registres extrêmes. Cette pièce doit être une musique qui sonne fort, sans nuance, comme un carillon. Gérard Frémy a enregistré séparément chacune des vingt-huit parties. Par la suite, celles-ci ont été mixées.
Enregistrement et mixage effectués à Radio France, Madeleine Sola, 1972
Le projet initial intitulé ROSE DES VENTS est une action musicale de captation de l’existant sonore d’un quartier, d’une ville. Simultanément à ce processus de brèves interventions instrumentales, viennent perturber cet existant. Un peu plus tard, les enregistrements effectués sont donnés en concert, mélangés à une nouvelle intervention instrumentale. Ces pièces brèves , écrites sans indication d’instrumentation, de tempo et d’intensité ont été transcrites pour deux pianos, venant s’inscrire dans le concert comme une nouvelle image sonore incitant à la comparaison acoustique entre dedans et dehors, entre forme discursive et forme accordant place à la spontanéité dans l’interprétation.
Avec la participation de Bernard Geyer.
Enregistrement effectué en direct lors d’un concert donné au Théatre de Albi en 1984
Prise de son : Madeleine Sola
La qualité du jeu et de l’esprit propre aux interprétations musicales de Gérard Frémy ne pouvait rester inexploitée avec l’accident qui l’a touché. La pièce qui lui est dédiée est une marque de reconnaissance que je lui adresse. À l’image d’une longue collaboration, j’ai tenté de faire se rejoindre la continuité d’un substrat sonore entretenu depuis les débuts de mon travail et les préoccupations de ces derniers temps. Un accord contenant, en quatre notes, toutes les combinaisons d’intervalles primaires, secondes, tierces, quarte et triton, alterne avec des séries d’empreintes constituant la grille d’une écoute intérieure, chemin pouvant conduire à une réflexion sur l’instant. Le jeu d’un autre piano joué de la main droite, lointain, réalise dans le même temps, mais décalé, le miroir de la main gauche du premier piano. Il s’agit, par ce renvoi acoustique, comme un écho, de signifier la prédominance du présent. Des éléments, inattendus, (peut-être parce que re-connus) renforcent le lien entre hier et aujourd’hui.
Avec la participation de Katharina Weber
Enregistrement effectué en direct lors du Concert à la Vidondée (Riddes, Valais, Suisse) dans le cadre des 8èmes Rencontres Architecture-Musique-Écologie, 24 août 2005.
Prise de son : Guillaume Billaux